Culture, Société

Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /2009 16:52
jud à Hiroshimajud à Hiroshimajud à Hiroshima
Quand les japonais font un truc, ils ne le font pas à moitié, ils disent même d'eux qu'ils sont "minutieux, méticuleux".
Voilà ce que nous a fait Tsun avec ses petites mimines, histoire que l'on n'arrive pas les mains vides, une pomme d'anniversaire pour Ya-chan : HAPPY YA-CHAN

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Jeudi 15 octobre 2009 4 15 /10 /2009 08:17
jud à Hiroshima jud à Hiroshima
Voici l'impressionnante forêt de bambous qui fait face au cimetière perché dans la montagne, où se trouvent les tombes familiales.

Début-mi Septembre étant la période de recueillement pour les morts, nous nous y sommes rendus avec Daiji et ses parents.
On a dépouisséré, arrosé les pierres, remis des fleurs et de l'encens.
Je pensais venir juste en accompagnatrice, en spectatrice, mais on m'a tendu mon bracelet de perle, que j'ai dû passé autour de mes 2 mains jointe en baissant la tête. Je savais pas bien ce que j'étais censé dire aux Dieux, comprennent-ils le français? ..
Puis on est allé inspecté les plaques sur les lesquelles étaient incrits les noms des encêtres.

Puis, surprise, je vois écrit en rouge, sur l'une des tombes le prénom du père de Daiji !
Percevant mon étonnement, il vient m'expliquer mort de rire : "Héhé, t'as vu? mon nom y est déjà ! c'est moi le prochain ! mais le mien est écrit en rouge, parce que je suis encore vivant, ensuite ils le repasseront en noir, comme pour les autres ! hihihi"
J'ai vraiment été étonnée par ce ton espiègle et ce détachement.

Ca me rappelle une autre "blague" :
L'hiver dernier, lors d'une sortie resto-bar-resto-bar-allez encore un dernier verre-bar avec la famille, nous avons terminé dans un karaoké-bar à l'ancienne, avec gros répertoire d'Enka que les parents apprécient tant.
Le patron du bar, un vieil ami du père, avait eut la bonne idée d'enregistrer la session, puis de nous la faire écouter ensuite (quelle horreur, ça donne envie d'aller s'enterrer sous la table, de changer de ville, changer de nom, se faire oublier à jamais, bref..), puis nous apportant le CD, et s'adressant à nous et aux beaux-frères et belles-soeur :

"Ca pourrait être sympa de le passer à leur enterrement à ces 2 là, quand on ils seront morts !!"

J'ai pas vraiment compris si c'était de l'humour noir ou s'il avait juste dit ça comme ça, mais j'ai été la seule à tirer une drôle de tête sur cette joyeuse proposition...

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Jeudi 15 octobre 2009 4 15 /10 /2009 06:54
Le petit quart-d'heure informatif de la semaine, ça ne fait pas de mal de temps en temps.
J'ai remarqué qu'ici les anniversaires d'ouverture de Bar, Resto, Boutique, ne se prenaient pas à la lègère. Chaque année, pour fêter l'anniversaire de leur ouverture, ce genre d'établissement organisent un petit évènement, une petite fête. J'ignore si ça se fait aussi en France puisque j'ai peu p d'amis dans ce genre de profession.

Pour l'occasion, les établissements amis apportent des cadeaux (la plupart du temps de grosses bouteilles d'alcool comme on peut le voir sur les photos ci-dessous) et quelques bouquets. Toujours empaquetés de ce même papier blanc décoré d'un noeud rouge et noir imprimé.

jud à HiroshimaSur lequel figure le nom de l'entreprise qui offre (pendant qu'on y est autant se faire un peu de pub), ici AUX ダイニング (AUX DINING) et ce qui me semble être 周年御祝 (Shuunen Oiwai) : Félicitations pour l'anniversaire

jud à Hiroshima jud à Hiroshima

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Samedi 22 août 2009 6 22 /08 /2009 08:18
jud à HiroshimaLes cartons d'invitations, que nous avons fait Daiji et moi, avec nos petites mains.

jud à HiroshimaVoilà le programme qui avait été concocté par Harumi, une amie qui se chargeait d'organiser notre soirée de mariage. On ne s'attendait absolument pas à ce que ce soit si protocolaire, et alors qu'on s'entraînait chacun à répéter nos discours écrits à la dernière minute, la boule au ventre et suant le stress comme des porcs, les organisateurs passaient nous voir toutes les 5 minutes en nous disant "ha et n'oubliez pas que vous devez faire ci et ça, et puis ça, ha puis avant de faire ça vous faites ça....". J'avais surtout peur de mal avoir compris quelque chose, les indications étant évidemment données en japonais...

jud à HiroshimaAvant notre arrivée

jud à Hiroshima jud à Hiroshima jud à HiroshimaDiscours de Daiji

jud à HiroshimaMon discours en japonais puis en français avec les jambes tremblantes comme une vieille en dernière phase d'alzheimer

jud à HiroshimaNos bagues, tremblant autant des mains que des jambes, j'ai eut un mal fou à mettre celle de Daiji à son doigt, encouragée en plus par les fous rire des gens nous criant qu'on était raides comme des piquets "固い!!"

jud à Hiroshima jud à HiroshimaMa coiffure a été pensée et  réalisée par Tama, une amie coiffeuse.

jud à Hiroshimakampai ! là pareil, avec mon alzheimer aigü, j'ai renversé la moitié de la coupe par terre

jud à HiroshimaEiji-san

jud à Hiroshimale  ケーキ・カット (cake cut), une tradition venue de je-ne-sais-où (j'opterais pour les USA puisque le terme est anglais ?), mais que j'ai pu observé dans tous les mariages auxquels j'ai été invitée au Japon :
Un gâteau (qu'au final personne ne mange) est disposé sur une table, on remet un couteau dont le manche est décoré d'un ruban rouge aux mariés, qui doivent le tenir à 2 pour couper le gâteau. Mais attention il faut garder la pose très longtemps (pas facile dans un gâteau tout mou avec le poids des 2 mains), le temps que tous les invités aient pu prendre une photo.

jud à Hiroshima jud à Hiroshima jud à Hiroshimale ファーストバイト (first bite) : après le "cake cut", on remet une petite assiette et une cuillère aux 2 mariés. Le mari prend une part de gâteau et la fourre dans la bouche de la mariée, puis la mariée fait la même chose fait la même chose avec son mari. J'avais visé un peu gros..
(Derrière nous, Harumi, la MC du mariage.)

jud à HiroshimaDiscours de la maman de Naoki.
Au tout début de ma relation avec Daiji, j'avais fait sa connaissance. La première chose qu'elle me dit fut "Mon dieu!!!! Daiji??? mais tu sais qu'il est totalement opposé au mariage????!!" Ce à quoi j'avais répondu "Ca tombe bien, ça ne m'interesse pas particulièrement non plus". Elle m'avait alors demandé ceci "Si jamais vous finissiez par vous mariez, vraiment, invitez-moi et je porterai mon plus beau kimono"...

jud à HiroshimaNaoki

jud à HiroshimaLa photo de famille, lors du フォトサービス (photo-service). Le (...)-service peut apparemment se décliner de différentes manières : candle-service par exemple : les mariés vont allumer des bougies sur les tables de chaque invité pour en profiter pour les remercier et recevoir les félicitations. Mais comme en dehors de la famille, nos invités mangeaient debout au buffet, on nous a proposé de faire le photo-service : faire le tour des invités pour se faire prendre en photo avec eux.
Tout à droite de la photo, un ami de mon beau-père, le directeur général des Impôts d'Hiroshima, qui nous a laissé une grosse enveloppe d'argent que Daiji a brandi devant ses copains en disant "Regardez où ils partent vos impôts !"

jud à Hiroshima jud à Hiroshima jud à Hiroshima jud à HiroshimaAvec la chemise rose et la cravate à pois, Susu, notre témoin et l'organisateur de la partie musique et logistique du mariage.
3 crews de DJ's se sont succédés : FILTER KING (Reggae), DISCO UNION (House discoïde) et SLEEPYEYE, ainsi que 2 groupes de musique live

jud à HiroshimaContre ma joue, Achico, qui est venu me demandé très naïvement : "Comment ça se dit "omedetou" déjà en français? "fais-moi l'amour" ?..." (omedetou = félicitations)..
En bas en violet, Junn, une de nos 2 témoins.

jud à HiroshimaLe discours de Miiko (je vous épargne toutes les photos mais on en a bouffé du discours ! Cela nous obligeait tous les 2 à rester debout à écouter, ce qui fait que l'on n'a pu manger et boire un peu que vers la fin de la soirée)

jud à HiroshimaJun-kun

jud à HiroshimaL'un des 2 groupes de musique.

Entre autres divertissements il y a eut aussi la partie de Suberanai Hanashi : quelques participants choisis parmi les plus comiques, s'asseoient autour d'une table avec des micros, on lance les dés et quand le nom d'un participant sort celui-ci doit raconter une anecdote réellement vécue et faire rire les gens. Ce soir, les participants ont tous raconté des anecdotes dans lesquelle Daiji ou moi apparaissions. Sauf un, Ricky, le boxeur punchdrunker toujours à côté de la plaque, qui a raconté une histoire sexuelle le concernant lui et sa femme, Harumi, la présentatrice du mariage. J'ai croisé Harumi juste après, courant en criant "Je vais le tuer ! Je vais le tuer!"

Puis le spectacle-strip-tease innatendu de Iyo : Les lumières se sont tamisées, une version années 30 de La Marseillaise a retenti, puis sur "Thriller" de Michael Jackson est apparu un petit gros vêtu d'un T-shirt, d'une longue serviette autour de la taille et d'un masque de catcheur mexicain. Il a commencé a effectuer une danse très particulière, puis a fait tombé tout ses vêtements, se retrouvant intégralement à poil et s'est mis à courir dans tout le restaurant, avec l'inscription suivante sur son torse "Iyo The Magic, Bon Mariage"

J'ai du aussi lancé mon bouquet aux célibataires, évidemment celle qui l'a reçu n'a aucune envie de se marier (déjà fait étant un peu plus jeune, elle se sent très bien en union libre avec son copain)

Puis le couloir humain (je sais pas comment on appelle ça??) : les invités se sont regroupés en 2 rangées autour du tapis rouge en joignant leur mains en l'air de façon à former un tunnel. Nous l'avons parcouru, et sommes arrivés face aux beaux-parents. J'ai du mettre des fleurs à la boutonnière de mon beau-père, et Daiji un gros bouquet à sa mère, avant que ceux-ci ne prononcent leur discours (encore !..)

jud à HiroshimaGoshi a.k.a 504, un catcheur professionnel

Enfin, nous avons fait notre départ en beauté jusqu'à l'ascenseur sur "Do you think I'm sexy" de Rod Steward, pour indiquer aux invités qu'il était temps de déguerpir.

Question : Pensez-vous que ce mariage nous a coûté cher?
Réponse : Que dalle !

Ici les invités paient une entrée, et nous avons pu couvrir les frais (buffet et boisson à volonté, staff, son, gâteau, bouquets etc..) avec une entrée de 5000¥par personne.



2ème partie de soirée à KOBA, avec les marseillais : Yann, Phred et Majid aux platines jusqu'au petit matin

jud à HiroshimaJun et Kana, ma belle-soeur

jud à Hiroshima jud à Hiroshima jud à HiroshimaMichelle, l'australienne

jud à HiroshimaJo, l'amércain

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Jeudi 25 juin 2009 4 25 /06 /2009 11:37
Me revoilà ! (comme une fleur), désolée pour cette longe absence, mais d'une part j'étais pas mal occupée, et d'autre part, je réfléchissais (enfin je réfléchissais, je dis ça pour gagner du temps), je feignais donc de réfléchir à une nouvelle version de ce blog.

Je m'explique, la manière que j'avais de mener ce blog jusqu'à présent, on va dire sous un angle "chronologique" et très assidu (jusqu'à il y a quelques temps du moins) a commencé à me lasser, et peut-être à lasser le lecteur par ailleurs.

Je ne sais pas encore réellement comment je vais m'y prendre mais ce sera peut-être plus thématique désormais, et en fonction des sujets qui me viennent en tête plutôt de ce qui se trouve devant mon appareil photos tous les jours.



Que remarquez-vous sur cette photo ?

jud à Hiroshima
- Il n'y a que des japonais à part moi.

...C'est pas faux mais c'est pas ça.

Non, il n'y a que des filles (ou presque, 8 filles et un seul garçon).

Une "soirée-fille", comme nous appelerions ça en France pour marquer le côté inhabituel de la chose ("ouai! allez, on se fait une "soirée-fille" où on pourra se raconter pleins d'histoires de maquillage et d'épilation !! chiche!"), n’a absolument rien d’exceptionnel au Japon, il ne me semble pas, d’ailleurs que cela porte un nom particulier, c’est une soirée, une sortie quoi.

Bien que la plupart de mes amis se « mélangent » (je ne m'en sors pas trop mal), j’ai tout de même pu assister à un nombre assez conséquent de soirées, repas, sorties au bar, seulement entre filles.
D’ailleurs pendant les longs hivers japonais, où nous avons l’habitude de nous réunir les uns chez les autres pour déguster un nabé (vous en avez bouffé un paquet de photos sur le sujet, donc inutile de vous réexpliquer ce qu’est un nabé), seule Mami et moi avons la judicieuse idée d’inviter quelques garçons pour changer un peu.

Non pas que ces soirées soient si ennuyeuses que ça, mais ça peu vite virer à un groupe de filles dont la moitié sont en pyjama, suppin (sans maquillage), étalées à moitié dormant sur le tapis chauffant, pendant qu'une autre va prendre son bain, avec la télé en fond sonore.
Pour compléter ce joli tableau je vous apprendrai aussi que les éclairages de maison sont souvent constitués de simples néons blafards au plafond, et que la nuit tombe à 17h grand maximum en hiver...
Nooon! reposez moi cette corde, ne vous jetez pas par la fenêtre, revenez !!!
(Autre innovation chez moi : pas de télé, seulement de la musique, et un tas de petites lampes aux éclairages doux pour éviter le glauquissime néon).
Ca me fait penser d'ailleurs que je connais peu de personnes au Japon qui s'occupent de décorer leur interieur comme chez nous, même si la plupart d'entre nous en France se contentons de passer par la case IKEA, mais en général il me semble qu'on essaie un peu plus de faire l'effort de donner un style à son chez soi, mais je m'égare...

Le fait de ne se réunir qu’entre filles ne signifie pas non plus que nous soyons toutes célibataires, seulement au Japon, il est rare que les couples partagent leurs sorties et leurs amis. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est sûr que ça ne fait rien pour arranger la chute démographique, ni pour aider justement les « pauvres » desperate-celibataires.

Mais qu’à cela ne tienne ! Pour ces célibataires en quête d’âme soeur / d’épouse / d’époux, existe un type de soirée qui quant à elle porte un nom : la « kompa » (j’en ai déjà parlé ici, mais pour faire court, une rencontre organisée dans un restaurant entre un nombre égal de filles et de garçons célibataires).

Après pour être honnête, autour de moi, je connais très peu de gens fréquentant ce genre de soirées (les rares sont toutes des filles) et les copines qui ne sortent quasi-exclusivement qu'entre filles ne représentent qu’une petite proportion de mes amis).

Mais revenons à nos moutons et à notre soirée. Justement ce soir-là, il s’agissait d’une sortie avec ces copines qui aiment ..rester entre copines.
Depuis maintenant 2 ans, je vois certaines d’entre elles assez fréquemment (bien que ce ne soient pas mes amis les plus proches) mais on va dire grosso-modo, 2 fois par mois.
Parmi elles, aucune célibataire, l’une allait se marier 3 jours après, et une autre nous annonçait également son mariage dans l’année.
Et bien, je n’ai jamais eut l’occasion de rencontrer le copain ou futur mari d’aucunes d’entre elles !
(Junn biensûr qui n’aime qu’à petite dose ces soirées-filles et dont le mari est un ami, ne rentre pas en compte dans l’histoire)
Vous vous imaginez en France, fréquenter quelqu’un pendant 2 ans et ne jamais rencontrer son(sa) petit(e) ami(e) ?? C’est limite plutôt l’inverse qui paraît suspicieux « Tiens, t’es pas avec Machin aujourd’hui ? «  « Ha ? Elle est où Bidule ? Elle est malade ? Ca va bien entre vous ces derniers temps ?..»

jud à Hiroshima
Bon et nous n’avons toujours pas parlé de l’homme à la pipe, que fait cet « intru » sur la photo ?

Et bien, Kaori (ci-dessus), était venu nous présenter son nouveau mari et nous fêtions leur Nyuuseki 入籍(enregistrement du mariage à la Mairie – j’ai déjà un peu abordé le sujet ici, mais au Japon, le jour de mariage en mairie ne correspond pas forcément, voire même peut-être jamais, au jour de la cérémonie ou de la fête de mariage).

C’est-à-dire que pour résumer, elle faisait d’une pierre deux coup, elle nous présentait pour la première fois son petit copain (qu’elle fréquente depuis un peu plus de 6 mois) et la personne avait qui elle venait de se marier.
Bon dans le lot, y a quand même 2 copines qui avaient déjà eut l’occasion de le rencontrer au moins une fois avant mais ça ne fait pas beaucoup.
Et je doute que l’occasion de le rencontrer à nouveau ne se présente beaucoup...

jud à Hiroshima
Celle qui va se marier dans 3 jours, et qui me fait penser - plus dans l'attitude que physiquement - à Tania Bruno-Rosso, pour ceux qui connaissent (en fait physiquement aussi, mais lorsqu'on la voit en mouvement, sur la photo ça ne se voit pas du tout)

jud à Hiroshima jud à Hiroshima

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Mardi 10 février 2009 2 10 /02 /2009 04:37
Pas bien le temps d'écrire, donc un petit bonus, 2 vidéos qui m'ont bien fait rire, et ont également fait rire les potes japonais.
Je pense que c'est réalisé par des japonais, très bien fait (l'habillage graphique est terrible !)

Les sushis


Les baguettes


Y en a toute une série, mais ces 2 là sont celles qui m'ont le plus plu.

PS : au cas où (on sait jamais), c'est à 90% des conneries, n'allez surtout pas suivre ces régles, ni rentrer dans une sushya en demandant "mada yatteru, taishou?"


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Jeudi 5 février 2009 4 05 /02 /2009 05:50
L’autre jour, je laissais un commentaire sur un blog dont l’article portait sur le racisme au Japon et rapportait une mauvaise expérience vécue avec un autochtone.
Dans mon commentaire j’expliquais que je ne niais absolument pas l’existence de telles expériences malheureuses, mais qu’en un peu plus d’1 an et demi sur le territoire, je n’avais jamais été victime ni témoin de racisme, ni de problèmes dans le genre, en tant qu’européenne en tous cas, pour les chinois et les coréens, c’est une autre histoire... J’aurais dû toucher du bois...
Bon, j’ai l’impression aussi que certaines personnes ont tendance à éxagérer , à généraliser trop facilement, à devenir paranoïaques, après une seule et unique mauvaise expérience.
J’ai parfois lu « les gens refusent de s’assoir à côté de moi dans le train», OK si l’expérience se répète à chaque fois, mais c’est peut-être aussi une erreur d’interprétation.
D’une part je n’ai jamais constaté ce problème, d’autre part il peut y avoir des tas de raisons pour lesquelles la personne préfère rester debout. D’ailleurs moi aussi, quand je peux éviter de m’assoir à côté d’un inconnu, qu’il soit japonais ou de n’importe quelle nationalité...
Ok, c ‘est pénible de se faire prendre 1 fois sur 2 pour un américain, mais à chaque fois que j’ai été à Barcelone, les japonais se faisaient systématiquement prendre pour des chinois « hey, chino, ni hao ! », en France un peu moins, mais c’est aussi arrivé quelques fois.
Il y a du racisme dans tous les pays, et le Japon n’en est pas exempté, mais de là à dire que c’est un pays extrêmement raciste faut pas pousser, nationaliste certes, mais racisme et nationalisme sont 2 choses différentes.
Enfin, malgré ce que je vais vous raconter par la suite, je n’ai pas changé d’avis à ce sujet.
Je reste persuadée que la vie d’un pakistanais arrivant à Londre, d’un maghrébin arrivant à Paris ou d’un turc à Munich est bien plus difficile au quotidien..

Voilà donc l’histoire :
Lundi soir, j’ai accueilli J., un français qui vient réaliser sa thèse au Japon pendant 3 mois et passe les 2 premiers à Hiroshima. Il a été mis en contact avec moi par le biais d’un ami, et m’a demandé de l’aide pour aller signer à l’agence le bail pour son appartement.
Mr I. de l’agence en question, ne parlant pas anglais, exigeait la présence d’une personne parlant japonais pour la signature du contrat et la remise des clés.

J. avait beaucoup de retard, son avion n’étant pas arrivé à l’heure prévue, et Mr I. attendait à l’agence. L’heure habituelle de fermeture était déjà dépassée, et il avait en plus un autre rendez-vous juste après. Ca partait déjà mal, j’étais un peu tendue, d’autant plus que la fille  qui avait trouvé cet appartement et organisé le rendez-vous depuis Tokyo nous avouait être un peu stressée par cette rencontre.

Je suis arrivée la première sur les lieux. Contrairement à ce que je m’étais imaginée, Mr I. était un petit minet de moins de 30 ans, avec coupe Pikachu / Rod Stewart, petit tailleur ceintré façon Host Boy, l’air très sûr de lui.
On a commencé à discuter un peu, puis comme ça l’air de rien, il me raconte que récemment il avait eut affaire à une famille d’indiens :
« Vous savez les indiens, ils utilisent pleins d’épices qui sentent bizarre.., ils font du curry toute la journée dans la maison. C’était toute une famille, ils nous ont rendu l’appartement dans un état ! ça puait le curry, les murs étaient marrons tellement ils avaient dû en cuire toute la journée, c’était dégeulasse » m’expliqua-t-il sur un air de connivence et de dégoût.
J’étais un peu surprise qu’il me raconte ça.
Ca commence bien...

J. n’arrivant toujours pas et Mr I. étant un peu pressé, il commence à sortir les papiers, à me donner des explications sur les règles à respecter dans l’appartement. Puis me demande de remplir des cases : mon nom, mon adresse, mon téléphone portable, sur le contrat. J’étais un peu étonnée, je pensais seulement être venu servir d’interprète.. Il me dit que c’est obligatoire, qu’on ne peut pas remplir un dossier seulement avec une personne ne parlant pas japonais, et qu’en conséquent je devenais garant ou référent.( !?)

Puis il me demande de remplir les infos concernant J., je lui réponds que je ne connais pas son nom. Il commence à prendre un air un peu inquiet, je lui explique que je n’ai jamais rencontré J., que c’est un ami d’ami.
Il poursuit en me demandant son numéro de téléphone, je lui explique que J. vient à peine de descendre de l’avion et qu’il n’a pas encore pu s’équiper mais qu’il le fera certainement au plus vite. D’un air de plus en plus suspicieux, il m’explique que « oui mais bon c’est obligatoire ».

Là, je reçois un appel de J. d’une cabine, qui m’explique que son taxi l’a déposé au mauvais endroit, qu’il en reprend un, mais qu’en plus il a un gros souci : il a essayé de faire un retrait mais celui-ci étant plafonné à 50.000 yens journaliers, ce qu’il ignorait avant d’arriver, il n’a pas la somme totale demandée sur lui.
Là, les gouttes de sueurs commencent à me perler du front. Je suis face à un mec qui n’a pas l’air d’avoir d’opinions particulièrement positives vis à vis des étrangers mais une série de malchance, un concours de circonstances dont on n’est pas totalement responsable, fait qu’on ne va que renforcer ses à prioris.

J. arrive finalement en s’excusant de son retard, on fait les présentations, et arrive le moment fatidique du paiement où je dois lui annoncer le plus délicatement possible qu’il manque une partie de la somme.
Là, le mec déjà nerveux, explose littéralement : grand soupir, il se prend la tête entre les mains en disant « je suis dans la merde, je suis dans la merde...* » avec tout le visage qui tremble de manière assez théâtrale.
Il nous regarde alors droit dans les yeux et nous balance : « haaa, c’est vraiment les différences de culture.. on peut VRAIMENT pas (vous) faire confiance » (« vous » désignant évidemment tous les étrangers, la phrase n’était pas construite de cette manière en japonais, mais le sens était le même )
Je n’ai pas pas pu m’empêcher de le reprendre et de lui demander de ne pas mettre ça sur le dos des différences culturelles, qu’on savait que l’on était en tort, que l’on s’excusait infiniement, mais que J. ignorait cette limitation de retrait depuis les banques japonaises et qu’il ne pourrait retirer que le lendemain.

Evidemment, attitude totalement proscrite au Japon : avoir réponse à tout (la colocataire avec laquelle ça ne passait pas très bien l’année dernière m’avait reproché la même chose, tout se passait en revanche parfaitement bien avec la 2ème colocataire, qui expliquait nos mésententes par le fait que nous soyons toutes les 2 de groupe sanguin O, ce qui nous rendait têtues**...).
Dans la même situation, un japonais aurait sûrement déballé les formules de politesses ad equat, les courbettes à angle parfait, réalisées dans un timing parfait. Ce que je ne sais pas faire. De plus je ne maîtrise absolument pas le langage de politesse japonais, assez complexe, ayant appris sur le tas, ce qui me met dans une situation encore plus délicate à ce moment là.

Dans l’idéal, selon la version "Nadine de Rotschild au pays du Soleil Levant" (c’est-à-dire que ça ne se passe certainement pas toujours ainsi dans la réalité), et d’après ce que m’avait expliqué mon copain, lors d’un conflit, l’un des 2 protagonistes se doit de prendre les fautes sous sa responsabilité et de dire 情けない : nasakenai : je suis lamentable, pitoyable, honteux. Là où on aurait, il me semble, plus tendance à avoir le dernier mot en France.

Mr I. avait tout à fait raison de se mettre en colère, ce n’est pas ça que je remets en question, mais ce qui ne me plaisait pas c’est qu’il fasse l’amalgame « étranger = voyou, malhonnête, indien = sale, etc.. ».
Et puis il fallait bien que je lui fournisse des explications.
(Je mourrai d’envie de lui raconter que justement, on venait de virer de mon école une élève japonaise, une femme assez bizarre d’une quarantaine d’années qui avait manqué plusieurs fois les rendez-vous pour venir payer, avait réservé puis annulé des tas de cours, et avait par dessus le marché donné un faux n° de téléphone et une fausse adresse mail.)

Tandis qu’il continuait à nous dire qu’on le mettait dans la merde, qu’on avait rompu la promesse, que c’était toujours problématiques avec les étrangers, etc.. j’essayais de trouver des solutions : que J. dorme à l’hôtel cette nuit et qu’il revienne le lendemain avec la somme complète pour récuperer les clés, par exemple. « Non, non, non je vous donne les clés aujourd’hui... mais je suis dans la merde... pfff ». Problème sans issue, impasse, ça me faisait vraiment penser aux disputes avec ma colocataire l’année dernière.

Je lui propose alors que l’on ré-essaie de retirer, plus pour lui montrer notre bonne volonté que dans l’espoir d’y parvenir. Au retour du 7/11 je lui explique à nouveau que ça n’a pas été possible, que les retraits sont limités à une somme journalière ce à quoi il me rétorque avec un regard méprisant « et alors, moi je peux bien retirer 500.000 yens par jours » « Oui, parce que vous êtes dans une banque japonaise ».
Il a fini par nous laisser les clés, et accepter que J. revienne donner le reste de la somme le lendemain, en nous disant qu’on avait vraiment de la chance d’être tombés sur lui, que dans une autre agence ça ne se serait pas passé comme ça...

Voilà, sur le coup j’étais vraiment énervée, peut-être encore plus du fait qu’il soit jeune, non pas que j’excuserais plus facilement un vieux mais je me serais dit « laisse tomber ». Evidemment sous la colère, j’étais presque tentée de penser « ils avaient raison, les japonais bla bla...». Puis quelques minutes après, je me suis reprise et me suis dit qu’il ne fallait surtout pas que comme ce Mr I., je fasse une généralité d’un cas particulier, qu’il n’engageait pas tout le Japon dans sa connerie personnelle.

D’ailleurs on a passé un très bon moment ensuite à discuter au comptoir d’un petit resto à ramen avec la serveuse, une petite vieille adorable dont la fille a appris à chanter l’opéra en Italie, du Verdi nous a-t-elle précisé, en nous faisant une imitation très comique de chant d’opéra. Lorsqu’on s’est levés pour partir, elle a fait le baise-main à J. tellement elle le trouvait beau avec son air italien. Elle avait l’oeil, J. a réellement des origines italiennes.



* Je traduis « je suis dans la merde » pour faire plus court ; mais il disait en fait 困りました: komarimashita : ça me met vraiment dans l’embarras, dans une mauvaise situation, ce qui n’a rien de grossier.

** Ici Madame Soleil parle de groupes sanguins, et s’en balance des signes du zodiaque.

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Mercredi 21 janvier 2009 3 21 /01 /2009 10:03
Hier soir, alors que nous suivions plus ou moins l'investiture d'Obama, sur un écran de téléphone portable, au comptoir de Koba, quelques questions m'ont traversées l'esprit :

- C'est qui le 1er ministre japonais qui vous a semblé le plus populaire, ou celui que vous avez le plus aprécié ?

Pas de réponse très enthousiaste de la part de mes 3 interlocuteurs, d'ailleurs je n'ai pas retenu le nom qu'ils m'ont donné sans grande conviction...

- Et le pire ?

Là, réponse franche et en coeur :
- Koizumiiiiii !!!!!

(Celui qui entre autre allait visiter le sanctuaire de Yasukuni...)

Puis à mon copain:

- Mais au fait... depuis l'ère Heisei, c'est qui le nouvel empereur? C'est quoi son nom, je crois que je sais même pas...
- ffff... c'est le bordel les noms d'empereurs, c'est compliqué..
- Oui, mais c'est quoi ?
- ppp....Franchement, j'en sais rien
- T'en sais rien??? mais comment c'est possible??
- C'est possible, parce qu'on en a vaguement rien à cirer de ce guignol, et c'est la même chose pour 90% des jeunes*

  (* mes 3 interlocuteurs étaient âgés de 33, 35 et 38 ans)

Puis là un autre ami intervient :
- Si ça t'intéresse tant que ça, tu vois les camions noirs qui défilent de temps en temps dans les rues, en gueulant des conneries au mégaphone? ben eux, c'est sur ils savent, ils le connaissent par coeur....
- ...




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C'est quoi ce blog ?

Ce blog n'est pas un site informatif sur le Japon, ce n'est pas un blog sur les mangas ni la J-Pop... C'est un roman-photo. Il s'adresse avant-tout à mes amis (la communauté Hiroshimarseille) et ma famille, c'est juste ma vie quotidienne à Hiroshima et quelques réflexions et anecdotes à propos de ce que j'observe ici mais WELCOME, ne vous gênez pas pour venir jeter un coup d'oeil ou laisser un commentaire.

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