Ma vie quotidienne à Hiroshima depuis le 28 Juin 2007
C'est en sortant de Mugen avec Usshi, Masami et Julien (de retour pour quelques jours à Hiroshima) que nous sommes passés devant la cabane faite de bric et de broc, de taule ondulée et de vieux bouts de bois raffistolés, éclairée au néon, de Naka-chan, perdue dans les ruelles sombres et tortueuses du "cul du loup" de Nagarekawa.
Attirés par la lumière, la petite terrasse de fortune installée à même la rue, l'ambiance troquet de village d'une autre époque et les bonnes odeurs, nous avons immédiatement repéré l'unique table disponible.
(Pour voir les photos de l'intérieur, prises en automne, c'est ici.)

Fidèle à sa réputation de patron aimable comme une porte de prison, il a fallu à Usshi, s'y reprendre à 5 fois pour que Naka-chan daigne se retourner, et nous faire un vague signe de la tête accompagné d'un espèce de "mrrrmhhmrrm" ronchon, nous indiquant qu'on pouvait s'installer.
De profile, son dos paraissant aussi courbé que sa poitrine proéminante, on pourrait le décrire comme un losange sur pattes. (Ca fait presque 2 ans que je n'étais pas venue ici et les 2 courbes se sont incroyablement accentuées.)

La clientèle, à 99,9% masculine semble être principalement constituée d'habitués et de salaryman en fin de parcours nocturne. Les bières sont toujours ouvertes au tournevis et à l'intérieur, toujours pas de cendrier, on jette mégots et cendres à même le sol.


Pas de menu, le patron ne vient pas prendre la commande, pas plus qu'on ne la passe au comptoir. Il faut connaître le fonctionnement : on attrape ces petits billets disposés dans des pots sur le comptoir et l'on coche les plats que l'on désire. Les prix n'apparaissent pas, cependant la surprise au moment de l'addition est toujours agréable.

Ce soir là nous avons choisi du poisson : un mebaru aux asperges et à la sauce piquante, une énorme assiette d'oursin et épinard poêlés accompagnés de toast, et un plat d'abats dont raffolent les japonais, auquel je n'ai pas touché. Comme d'habitude c'était excellent.
Nous avons quitté les lieux les derniers, tandis que le vieil accariâtre s'affairait dans sa petite cuisine. A notre "Gochiso sama deshita" lancé en coeur (Merci, c'était délicieux"), nous avons eut pour seule et unique réponse le même type de marmonement bougon qu'à l'arrivée.
Les remerciements, courbettes, sourires et autres "Irrassaimase" sont définitivements passés aux oubliettes dans cet établissement, enfin ce petit hangard. Pour l'oshibori (serviette humide que l'on reçoit en début de repas dans les restaurants) on peut aussi aller se gratter. On y vient pour manger des bonnes choses, point.