Le soir, j'ai décidé d'emmener manger Scarlett dans le genre d'endroit qu'on ne trouve pas en faisant du tourisme.
On peut difficilement tomber "par hasard" sur cet endroit situé au fond d'un couloir, derrière une simple porte, au 5e étage d'un immeuble du quartier de Nagarekawa-Yagenbori.
Assez petit (un simple comptoir), très sombre, mais avec une décoration traditionnelle japonaise très sobre, une atmosphère chaleureuse et cosy, la cuisine préparée par la vieille femme très sympatique et douce qui tient ce lieu depuis plus de 30 ans, avec un homme qui est sans doute son mari est excellente. Elle explique la recette de ses plats et la provenance de ses produits, qui sont présentés sur le comptoir, avec amour, et anime son établissement sans en faire trop ni s'imposer dans les conversations des clients comme c'est le cas dans certains endroits.
On y a mangé entre autres : des beignets de Hamo (un poisson blanc) à l'Arare (panure très légère, n'utilisant pas de chapelure mais de de la poudre de Senbei - gâteau sec et croustillant de poudre de riz), du maquereau grillé au miso, du riz à l'anago (anguille de mer) et légumes cuit à la vapeur dans une grande feuille, du porc extraordinairement moêlleux cuit dans de la sauce soja sucrée et relevée d'une petite noix de moutarde, des ginnan (graines de ginko) grillées, des sato-imo à la vapeur rehaussées de sel et de poudre de jeunes algues, etc...
On a fini par discuter un peu avec nos voisins de comptoir (c'est le principe que j'apprécie dans les restos à comptoir) : une peintre (de peinture traditionnelle japonaise) et galeriste; et un petit groupe un peu plus jeune avec un garçon qui parlait le français couramment (en l'ayant appris seul) et qui avait vécu quelques mois à Paris.
Bon là; les gens étaient interessants, sympas et pas trop "encombrants", mais ce n'est malheureusement pas toujours le cas, c'est aussi souvent des rencontres et discussions barbantes avec les éternelles mêmes questions, et les comparaisons sans intérêt entre la France et le Japon, et leur lot d'idées pré-conçues..
le poisson grillé au miso, et le riz-anago cuit dans une feuille à la vapeur
le seul éclairage au plafond
les ginnan grillées avec du sel
la patronne surprise par le flash
Scarlett et moi, et Tama et Chapi qui nous ont rejoint à la fin du repas

Ebisu-Dori et son interminable queue de taxis. On s'en aperçoit mal sur la photo mais la file compacte va bien jusqu'au bout bout bout de la rue, tout au fond de la photo.