Ma vie quotidienne à Hiroshima depuis le 28 Juin 2007
Je suis encore en train de m'auto-flageller pour cette grosse erreur que j'ai commise, sous prétexte de fatigue, et allourdie par un énorme bol de tantanmen englouti trop vite chez En-en-en ce dimanche soir : j'ai loupé la soirée Suberanai, à Koba. (>_<)
Hier encore, à AUX DINING, où nous fêtions un anniversaire, tout le monde n'avait que ces mots à la bouche "suberanai" "subeta" etc..
Et vous vous demandez ce que c'est que cette affaire...
"Suberanai" signifie "ne pas glisser", "ne pas faire de mauvaise chute" ..et alors? Comment baser toute une soirée sur un tel concept?
Voilà le principe :
Une personne commence à raconter une histoire drôle au public. On tire au sort le participant suivant qui doit alors raconter la suite de l'histoire et faire rire tout en maintenant l'ambiance et l'attention du public.
Pas de limite de temps, le seul impératif est de trouver une bonne chute à son histoire, avant de passer les manettes au comique en herbe suivant, autrement dit de ne pas "glisser" (suberanai).
(chute / glisser : on n'est pas très loin des termes utilisés en français)
Cela nécessite donc des talents d'improvisation, d'humour et de prestance. Si la personne fait un bide, on dit qu'elle a "glissé" (subeta).
Une grande partie de mes amis présents ce soir-là ont participé. Yasu, qui a pourtant beaucoup de répartie au quotidien, s'est lamentablement ramassé lors de sa 2e participation. Il m'a confié que c'était un grand moment de solitude (en mimant les gouttes de sueur sur la tempe). J'imagine bien le mec debout sur son estrade, silence, malaise, raclement de gorge, et larsen de micro pour souligner la gravité du fiasco.
Une seule fille a participé, Shiho, et elle s'est aussi rétamée en beauté.

On m'a dit que l'ambiance avait été terrible.
D'après les retours qu'on m'a fait, c'était plutôt graveleux.
J'ai demandé à une amie :
- et alors c'était quelle genre d'histoire ?
- hoo c'était SUPER drôle!!
- ouai mais ça parlait de quoi ?
- c'était plutôt "shimoneta"
- shimo-quoi? (je ne connaissais pas encore ce mot)
- heu (se tournant vers son copain), comment on peut dire ça? anal?
- O_o ?!
- heu non, enfin "sukebe*" quoi
* pervers
Vu l'énorme succès de la soirée, le bar était plein à craquer, ils refont la même en Mars, peut-être à Opium.
Je vous ferai donc un rapport plus complet, vidéos à l'appui si ça vaut le coup. (La soirée de dimanche a été filmée et gravée sur DVD mais d'ici là qu'il me passe entre les mains..)
J'ai envie de voir ce que ça donne en live, le concept me plaît bien, d'autant plus qu'on prête souvent aux japonais une nature réservée, timide, introvertie, et qu'on ne les imagine guère sortir des cases prédécoupées.
Ce concept semble être une idée de Matsumoto (du duo Downtown), (explication ici pour ceux qui lisent le japonais) qui voulait créer une emission basée sur l'improvisation, des histoires simples, sans l'aide de prompteur, et sans excès de mise en scène. La pression subie par les comédiens (improvisation, une seule prise, interdiction de réctifier une erreur) crée une tension et une ambiance particulière. Le public doit choisir à la fin la meilleure prestation.
D'ailleurs l'autre jour quand on m'a parlé pour la 1ère fois de cette fameuse soirée "suberanai", concept que je ne connaissais pas, on m'a également parlé de l'émission de Downtown.