Ce matin, à 7h à peine, je fus réveillée par un énorme BLAMBLAMBLAM, genre on défonce ma porte, le FBI, Sarah Connor..
BLAM BLAM BLAM Koteru-saaaaaaaaan !! (Mlle Coteeeelle !)
Je reconnus immédiatement la vieille voix de crécelle rouillée de mon proprio, aka Pépé Zaima la vieille canaille.
Mmmhhhmm.. on va dire que je dors...
BLAMBLAM
J’ai rien entenduuuu
BLAMBLAMBLAMBLAM
Qu’est-ce qu’il me veut à 7h du mat ?!?
Les BLAMBLAM et les Koteru-saaaan se mirent à redoubler de volume, bon ça va j’me lève, fffoouuu.. Hai hai chotto matte kudasaiiiii !
Le temps de trouver un truc à me mettre et j’ouvre la porte, me retrouve nez-à-nez devant la tête tout aussi enfarinée que la mienne, de mon proprio en pyjama à carreaux bleus.
Je le vois faire de grands signes en direction de la fenêtre, et au mot « karasu » (corbeaux), ça fait tilt.
Naaaaaaaaaaaaaaan....
Ces petits connards de corbeaux n’avaient rien trouvé de mieux que de saccager mes poubelles déscendues la veille, et d’en éparpiller le contenu sur 10m de périmètre autour de l’immeuble, entre le parking et la rue. Et pour le plaisir évidemment, pour emmerder son monde, parce qu’y avait rien à bouffer dedans : de la paperasse et des cosses d’edamame dont ils n’ont pas voulu mais qui s’étaient bien incrustées dans le bitûme sous le passage des pneus de voiture.
Nous voilà donc, pépé et moi, balayette et pelles, en pyjama, à 7h du mat, avec les corbeaux qui se fendent la gueule au-dessus de nous, en nous guettant du haut des toits. Parce qu’ils avaient l’air fiers de leur boulot en plus, les lascars.
Je sais pas ce qui leur prend, mais au mois de Juin, les rats du ciel déboulent en ville en grandes bandes organisées vers 4h-4h30 du mat, en croassant comme des damnés « allez, debout là-d’dans !! branle-bas de combat !!!» (les effectifs et le niveau de décibels sont franchement impressionnants), et en cherchant toutes les conneries possibles à faire.
Pourquoi au mois de juin précisément, je ne sais pas. Le reste de l’année, ils laissent les poubelles tranquilles, en général, mais au mois de Juin, ce petit jeu les fait grave kiffer.
Ils s’en étaient déjà pris l’autre jour au carton de mon barbecue sur le toit de l’immeuble. Comme ça, l’envie les avaient pris de le déchiqueter « Crève, sale carton, tu vas crever j'te dis salaud ! ».
Je sens qu’ils m’ont dans le colimateur...
Y a comme une envie de sortir le fusil qui me démange...