Ma vie quotidienne à Hiroshima depuis le 28 Juin 2007
L'accusé de réception
Je devais l'autre jour envoyer un courrier avec accusé de récéption en France. Rien de compliqué me suis-je dit.. Ne connaissant pas le terme exact, je suis allé sur le site de la poste, ai comparé la version anglaise et la version japonaise pour situer à peu près l'endroit où ça se passait, et à l'aide de Rikaichan (merci R. Patrick), logiciel qui permet sous Firefox d'avoir la lecture et la traduction des kanjis, j'ai pu trouver mon mot : "uketori tsuuchi". Je l'ai pas inventé, c'est bien celui qu'ils emploient sur le site officiel de la Poste Japonaise...
Arrivée au bureau de poste, je choisis un guichet tenu par une employée d'âge moyen, me disant qu'elle connaîtrait bien la combine.
Comme si j'avais fait ça toute ma vie, je lui tends ma lettre "bonjour, en uketori tsuuchi, s'il vous plait"
"...hein.? pardon??",
je répète un peu plus lentement "u-ke-to-ri tsu-u-chi". Elle alors fait un arrêt sur image, yeux grand écarquillés, perplexe, genre le disque dur a planté... sa voisine lui venant en aide lui souffle un truc à l'oreille, j'ai juste entendu "papier rose".
Mon employée reprend vie et prestence, et me demande de patienter un petit moment.
Branle bas de combat, elle commence à ouvrir tous les tiroirs, tous les placards, à monter sur des tabourets pour acceder à des recoins poussiéreux, des portes pas ouvertes depuis 30ans, puis revient désolée en m'expliquant qu'ils n'avaient pas les documents nécessaires pour répondre à ma demande. Elle me conseille donc d'aller voir un 2e bureau.
2e bureau, je répète ma demande, mêmes yeux de merlan frit "un quoi??" - "U-KE-TO-RI TSU-U-CHI!! ou E-ARU (A.R)", même scène, j'avais encore choisi le mauvais pion, un voisin de guichet lui souffle "mais si tu sais le truc là, avec le papier rose".
Je vois mon bonhomme ressortir de vieux manuels de la poste, poussiéreux, cornés et jaunis jusqu'à la moêle (et l'ordinateur? hoooo, non malheureux, desfois qu'on gagnerait du temps).
Je le voyais tourner une à une les page en se répétant à haute voix "uketori tsuuchi... uketori tsuuchi..."
Après de loooooooooongues recherches infructueuses, du brassage de paperasse dans les tiroirs, en me rassurant de temps en temps "patientez s'il vous plait, on ne sait pas si on peut faire ça ici, et on en sait pas si on a les documents nécessaires", il revient en me donnant de longues explications (auxquelles je n'ai pas compris grand chose), du jargon de la Poste j'imagine, à part que "vous comprenez à Tokyo ce serait plus facile",et qu'il fallait que j'essaie dans un bureau de poste plus grand, genre celui d'Hatchobori, qui ferme à 18h".
Voyant l'espoir d'envoyer ce satané courrier en recommandé avec A.R diminuer, je me dirige vers Hatchobori, sous une pluie battante sans même prendre la peine d'acheter un parapluie.
J'arrive au guichet, reformule ma demande.. un jour sans fin.. la même scène... "uketori tsuuchi??! zeeenzeeen wakaranai's" (je sais pas du tout ce que c'est).. cauchemard..
Là heureusement, le vieux postier du guichet voisin se tourne vers mon jeune employé en lui disant d'un air posé, occupé à autre chose "mais siii.. un uketori tsuuchi, tu prend le papier rose, là dans le tiroir de gauche, tu remplies, tu scannes le code et voilà"
haaaaa mon sauveur... le jeune employé a quand même lu scrupuleusement le mode d'emploi dans son intégralité avant de me faire remplir les cases, j'en ai eut pour 800 yens, pas donné..
Le dentiste

En France, j'avais pour habitude de prendre rendez-vous tous les 6 mois chez le dentiste pour un détartrage et un petit contrôle. Mais une fois arrivée au Japon, et pensant au départ ne rester qu'un an, j'ai sans cesse repoussé l'échéance, estimant que ça pouvait attendre mon retour, ayant surtout mieux à faire et il faut l'avouer, un peu peur de ne pas m'en sortir en japonais.
Ca fait maintenant 1 an et 7 mois que je suis ici, j'ai fini par me résoudre à y aller.
Comme j'avais lu cette expérience, un peu effrayante au niveau des tarifs, j'ai commencé par chercher le mot "tartre" dans un dico, puis me suis renseigner auprès d'une amie.
Elle m'a assurée que je n'aurai pas à débourser une telle somme (30 000yens pour le malheureux auteur de l'article précédent), m'a conseillé de demander AVANT le tarif pour un détartrage et SEULEMENT un détartrage, et m'a également donnée l'adresse de la clinique qu'elle fréquentait en m'avertissant tout de même que c'était un peu vieillot.
Je m'y suis rendue aujourd'hui. Au Japon, c'est pratique, nul besoin de prendre rendez-vous, en tous cas pour ce genre d'intervention, et la clinque en question est ouverte 7j/7 de 9h à 22h, sauf le dimanche après-m.
On m'a annoncé un prix de 5500 yens (sans assurance) ce qui m'a paru plutôt correct.
On m'a fait enfilé des pantoufles pour entrer dans le cabinet. La dentiste m'a demandé si je comprenais le principal en japonais, je lui ai répondu que ça allait mais que par contre, je ne connaissais pas trop les "mots de dentiste" ce qui l'a bien fait rire.
En effet, c'était BIEN vieillot : le mobilier, les tapisseries grisâtres passées, le matériel de la mi-ère Showa..
Le dentiste ne risque pas d'être indisposé par l'haleine des patients qui viendraient de s'enfourner une douzaine de gyozas triple dose de nira, en plus du masque médical, il porte une vitre de soudeur transparente.
Le travail m'a semblé plus minutieux que chez mon dentiste habituel en France, tout s'est bien déroulé.
Ca s'est un peu plus compliqué quand le dentiste en chef est venu me faire mon diagnostique.
C'est déjà pas évident de suivre une conversation quand la personne porte un masque devant la bouche, en tous cas dans une langue étrangère et j'avais bien révisé mon mot "tartre" avant de partir mais alors, "gencive", "parodonthie" et compagnie, j'avais totalement fait l'impasse, on s'en est quand même sorti.
Mais malheureusement, je devrais y retourner pour une 2e intervention sous anesthésie locale (ça je connaissais le mot), pour retirer du tartre logé en profondeur dans les gencives des dents du fond.. voilà ce qui arrive quand on fait traîner ces affaires. Ca me coûtera le même prix, il me suffit de revenir avec ma carte (une de plus..) sans rendez-vous et sans avoir à préciser la raison de ma venue.